La technologie dans les douanes, la France à la pointe

La technologie et les systèmes de communication sont les pierres angulaires des coutumes modernes. Il n’y a pas d’autre moyen de concilier contrôle douanier et facilitation des échanges que par l’utilisation d’outils technologiques.

Aujourd’hui, la France le montre encore en mettant la data science au service de tous ses douaniers et en la facilitant pour dynamiser son commerce extérieur.

Un rapport de la Organisation mondiale des douanes rappelle que depuis 2019, la Douane française a lancé le programme « Exploitation des données » pour transformer la manière dont ses agents contrôlent les échanges, les rendre plus transparents et les faciliter.

Le développement de ces outils s’est accompagné de la construction d’une plateforme « Big Data », qui devait contenir toutes les données requises par les douanes et, à l’époque, des données externes complémentaires. Jusqu’à présent, ils ont six applications en fonctionnement, dont ils décrivent 5 :

1) « Sous-évaluation »

Développé pour le service national d’analyse et de ciblage des risques, il permet de détecter les cas de sous-évaluation en signalant les flux d’importation aux valeurs anormales. « La donnée fournie est un signal qu’il faut vérifier et, le cas échéant, transformer en cible opérationnelle. » L’outil « fait gagner du temps dans l’étude des transactions et facilite l’élaboration du rapport analytique sur les indications de prix des biens ». Cette application est similaire à celle lancée au Mexique par la Confédération des associations d’agents des douanes de la République mexicaine, CAAAREM, avec la SAT et les chambres de commerce de la CONCAMIN, entraînant une baisse très importante de l’importation de marchandises du textile et secteurs de la chaussure.

2) « Atypicité »

Cette application permet aux utilisateurs de modéliser toutes les tendances observées dans les flux signalés qui ne correspondent pas au modèle de référence. Les douaniers français décrivent l’outil comme « innovant et transformateur pour leur travail quotidien ».

3) « Vue à 360 degrés des acteurs économiques »

Cet outil offre une visualisation statistique simple et complète des opérations d’importation et d’exportation par pays, région et opérateur. Grâce à un accès rapide à un écran d’historique des flux, les douaniers ont accès aux informations historiques de l’entreprise et sont mieux à même de résoudre les problèmes. Les entreprises ont également accès à cet outil afin qu’elles puissent consulter les données les concernant et prendre de meilleures décisions logistiques douanières. A l’origine, l’objectif était de répondre aux besoins des grandes entreprises qui souhaitaient une meilleure visibilité sur leurs opérations douanières, notamment pour identifier les risques de non-conformité et leurs implications fiscales. Et les autres petits exploitants attendaient un tel outil qui leur permettrait de garder le contrôle de leurs opérations.

4) « Aide à la Décision – Déploiement sur la Route »

Le rapport indique que la France est un pays de transit au sein du continent européen. Le bureau des douanes françaises dispose d’unités douanières internes pour faire face au trafic intense sur les routes qui traversent le pays.

Cette application vise à optimiser les stratégies de déploiement et de contrôle du personnel sur ces routes. « Il reconstitue sur une carte l’historique de l’activité de l’unité et les dossiers d’actions en justice. Un algorithme analyse ces données pour recommander que les points de contrôle soient définis à des dates spécifiques et dans des intervalles de temps spécifiques. En donnant plus de visibilité à ces opérations, l’outil facilite également le dialogue entre les différents niveaux de l’administration et améliore la coordination des unités au niveau national.

5) « Simulateur de transfert »

Dans le cadre de son plan d’évolution de carrière, un fonctionnaire peut demander une mutation, c’est-à-dire un changement d’emploi impliquant une relocalisation et/ou un changement de fonctions. Un outil de cartographie a été développé pour permettre aux fonctionnaires intéressés d’accéder facilement à la liste des postes vacants et aux informations connexes, telles que : B. le nombre de points de mobilité requis pour l’éligibilité.

Les douanes françaises prévoient que ce programme comprendra une vingtaine d’applications au cours de l’année prochaine : Pour le personnel luttant contre la contrebande de tabac en ligne : Un outil d’analyse pour identifier les ventes illégales de tabac sur les réseaux sociaux publics et les plateformes Web collaboratives ; pour les forces de l’ordre : un outil de cartographie qui visualise les flux de tabac et permet d’évaluer les risques de fraude.

Tout cela est monté sur une infrastructure spéciale développée pour l’administration des douanes, sur laquelle ils ont créé une plate-forme « Big Data » en 2016. Comme la plupart des administrations françaises, la douane a également choisi d’héberger les composants de la plateforme dans sa propre infrastructure, qui se coordonne avec les autres autorités du commerce extérieur, notamment l’administration fiscale, pour analyser dans quelles conditions elles pourraient rapprocher leurs plateformes de données respectives.

L’OMD conclut que la douane française dispose désormais « d’une plate-forme robuste et à la pointe de la technologie, sans précédent et avant-gardiste » pour les autres administrations douanières dans le monde.

José Ignacio Zaragoza Ambrosi
Spécialiste du commerce extérieur
@ignaquiz

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