Macron cherche la formule pour éviter l’impasse parlementaire en France

Marine Le Pen salue Emmanuel Macron avant leur rencontre à l’Elysée mardi. / Reuters

Le chef de l’exécutif se sent frustré dans sa quête pour gagner des alliés à l’Assemblée nationale lors de ses premières rencontres avec les chefs de l’opposition

BÉATRIZ RICHTER Correspondant. Paris

Le président français Emmanuel Macron cherche la formule magique pour contourner l’impasse parlementaire après que son parti a remporté une majorité relative aux élections législatives de dimanche dernier et que les extrêmes ont violemment envahi la nouvelle Assemblée nationale. Macron et la coalition de ses alliés ont obtenu 245 députés, bien loin des 289 sièges nécessaires pour avoir la majorité absolue et gouverner sans dépendre des votes des autres.

Inquiet du risque de paralyser le pays et de ne pas pouvoir mener à bien ses réformes lors de son second mandat, le chef de l’exécutif a reçu tour à tour les chefs des groupes politiques formant la nouvelle Assemblée nationale ce mardi. au Palais de l’Elysée. Le but est de tester le terrain et de voir s’il peut trouver des alliés au Parlement gaulois pour l’aider à gouverner. Ce mercredi, il reçoit les autres chefs de parti.

Macron, réélu président le 24 avril, pourrait former une coalition avec une autre formation ou diriger un exécutif minoritaire, nouant des alliances au cas par cas pour faire voter des lois ou mener à bien ses réformes. Une telle stratégie semble normale du point de vue de l’Espagne, mais le problème est que dans un système aussi présidentiel que celui de la Ve République, il n’y a pas de culture du Pacte. De nombreux hommes politiques et commentateurs français se demandent si le pays est ingouvernable avec cette configuration de l’Assemblée nationale.

LA CLÉ:

  • 245
    Députés, la coalition Macron l’a emporté loin d’une majorité absolue de 289.

  • Incertitude.
    Au risque de paralyser le pays s’ajoute la crainte du gouvernement de ne pas pouvoir mettre en œuvre les réformes

«Aujourd’hui (ce mardi) nous ouvrons un nouveau chapitre. Les Français ont choisi et nous ont donné un meuble démonté sans nous donner de consigne. Cela veut dire négocier, agir autrement, avancer », a expliqué avec vivacité Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes. L’ancien Premier ministre Édouard Philippe a estimé qu’il « faut écouter ce que disent les électeurs » lors des élections présidentielles et législatives. « Le président de la République a été réélu et personne ne peut remettre en cause sa légitimité », a ajouté le chef du parti Horizontes, qui fait partie du bloc macroniste à l’Assemblée nationale. Philippe estime que la solution passerait par « une grande coalition » car « les Français veulent que les responsables politiques travaillent ensemble ».

La formule pour sortir de cette situation inédite dans la vie parlementaire française ne semble pas facile à trouver. Le leader républicain (droite modérée) Christian Jacob a offert à Macron un autre cadeau de citrouilles mardi. Il a refusé que son parti, qui compte 61 sièges, s’aligne sur les macronistes. Les deux partis auraient ensemble la majorité absolue.

« J’ai de nouveau dit au président qu’il ne nous appartient pas de nous livrer à une éventuelle trahison de nos électeurs. Nous nous sommes battus dans l’opposition, nous restons résolus et responsables dans l’opposition », a précisé le chef conservateur. Jacob pense que la balle est désormais entre les mains du président de la République. « C’est lui qui a demandé cette rencontre. C’est à lui de mettre les propositions sur la table », a déclaré le leader républicain.

Au cas par cas

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a préconisé de trancher au cas par cas et loi par loi. « Si, par exemple, Macron s’apprête à augmenter le salaire minimum à 1 500 euros, nous sommes disponibles », a déclaré Faure. Le leader socialiste estime que le président doit « choisir la voie qu’il veut emprunter, faire des propositions et on verra dans quel sens la balance penche ».

Macron refuse la démission de son premier ministre

Lors de sa visite à l’Elysée, l’extrême droite Marine Le Pen a promis au président que le Regroupement national, qui disposera de 89 sièges à l’Assemblée nationale, se tiendrait « en opposition et non en obstruction systématique ». Mais il a précisé qu’ils voteraient contre la réforme des retraites. Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, leader du syndicat de gauche (Nupes), Le Pen ne réclame pas le patron du Premier ministre Elisabeth Borne. Le leader d’extrême droite estime que la politique de Macron doit changer.

La confiance des Français dans leur chef a chuté de deux points ce mois-ci à 41%, selon un sondage Ifop Fiducial publié mardi, réalisé juste avant le second tour des élections législatives.

Malgier Favager

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