Six heures d’attente pour une visite de 20 secondes

21/07/2022 à 10h58

Heure d’été européenne


Le grondement du virage précédent annonce l’arrivée de Vingaard et Pogacar, mais ils disparaissent si vite qu’on a à peine le temps de les voir

Le public dans les caniveaux, élément fondamental de la Grande Boucle

Très, très, il faut aimer ce sport pour passer des heures et des heures au bord de la route à regarder passer les stars du Tour puis disparaître en un clin d’œil. Faisons le test.

Depuis la courbe en arrière-plan, on aperçoit les voitures rouges, celles des commissaires sportifs, annonçant l’arrivée des premières petites annonces de l’étape. Puis les vélos font leur apparition, jusqu’à se demander s’il en faut autant et que si on les compte, il n’y a presque plus que des cyclistes qui pédalent avec un dossard sur le dos. Et puis viennent trois cyclistes: un en jaune (Jonas Vingaard), un autre en blanc (Tadej Pogacar), et devant eux un garçon de l’Arizona nommé Brandon McNulty, qui apparaît comme un acteur de soutien dans le dernier soupir montagneux de cette tournée.Compte-t-on le temps entre l’arrivée du trio et sa disparition au virage suivant ? pariez ! ça ne va pas plus loin ! 20 secondes se sont écoulées, ni plus, ni moins. Et en plus de cela, si vous vous êtes livré à l’absurdité de ne pas vivre ces moments en direct et en direct et que vous n’avez pas appuyé sur le bouton de votre téléphone sur lequel vous deviez appuyer pour obtenir la photo de votre vie, alors l’expérience avec le La tournée, c’est comme si vous n’aviez plus de gâchette, tournez et partez parce que vous n’avez plus de photos et que vous n’avez pas vu passer les héros de la Grande Boucle.

20 secondes, même pas une minute, 20 secondes – je répète – 20 secondes tu as passé six heures sur le bord de la route, heureusement dans des températures un peu plus douces que mardi avec la ronde française en plan tropical en route vers Foix.

Tu as vu passer la caravane promotionnelle, ils t’ont comblé de cadeaux, tu pouvais compter jusqu’à ce que tu arrêtes de compter, le nombre de voitures accréditées tournoyant devant les coureurs et les cris assourdissants venant du virage précédent annonçaient, qu’ils sont là, Vingaard et Pogacar. Ils passent devant vous à 40 heures et soudain vous réalisez qu’ils sont partis, ils sont partis et vous entendez les cris venant des fans placé au tour suivant.

Pour ces 20 secondes de gloire que vous avez dormi dans votre voiture toute la nuit, vous avez battu les embouteillages et encore moins quand vous avez dû conduire derrière un camping-car, très agréable quand vous entrez à l’intérieur mais vous souffrez quand vous le conduisez devant et il n’y a pas façon humaine de le dépasser.

Vous vous êtes fait des amis parce qu’il n’y a pas de discussion ici si vous êtes du Betis ou de Séville, tout le monde ici aime le cyclisme, tout le monde est passionné par le Tour et ils veulent juste que ces 20 secondes durent pour toujours.

La nuit au plus tard, à l’extérieur ou avec un sac de couchage à la recherche de la bonne position qui finira bientôt, peu importe la taille de la voiture, ces amis ont sorti leur bière, vin, spiritueux et le soir C’est devenu une fête avec seulement un sujet de conversation : Pogacar réussira-t-il à faire tomber Vingegaard et à lui arracher le maillot jaune ?

Ensuite, il y a l’autre possibilité de se lever tôt, de réaliser de nombreux kilomètres, juste au moment où la gendarmerie veut fermer la route pour passer six heures – la moyenne officielle fixée par le Tour – et ces secondes à vivre la gloire là où il y a même pas le temps d’appeler les noms des protagonistes à moins de vouloir tout gâcher avec une photo impossible.

un peu de divertissement

La vérité est qu’arrive ensuite le groupe de Geraint Thomas, plus tard celui de Nairo Quintana et Enric Mas et à partir de là, les coureurs sont dispersés pendant une demi-heure jusqu’à ce que Fabio Jakobsen apparaisse, luttant désespérément pour l’emballement 15 secondes à sauver. De cette façon, au moins tous les téléspectateurs qui se sont inscrits pour l’expérience auront quelque chose à dire à leur retour.

Il ne reste alors que l’ordre de la gendarmerie d’ouvrir la route. Tout le monde monte rapidement dans la voiture, il faut être le premier, mais on n’y arrive jamais, car un sacré entonnoir se forme en premier lieu sur le chemin de l’autoroute, par exemple Arrau et donc les véhicules sont arrêtés un instant , un bon moment, 10, 15, 20 minutes… une éternité avant le début de la marche.

Puis tu dépasses les fourgons de la gendarmerie sur la gauche, ils ont fait leur boulot et tu rentres chez toi avec l’impression de sortir de la route dans le mauvais sens et avec un bouchon d’enfer.

Vous avez vécu le tour et puis un sentiment de bonheur s’installe, comme quand on escalade une montagne à vélo, quand on souffre dès la première rampe. Néanmoins. Quand le sommet est couronné, tout est oublié et on se sent même heureux d’avoir accompli un exploit, à savoir avoir passé au moins six heures à attendre l’arrivée éphémère des guides touristiques français. Mais vous aimez la tournée et reviendrez sûrement l’année prochaine.

Malgier Favager

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